
Par Sean Chubb, Business development consultant LIC Europe
Entre le début prévu des vêlages et le début prévu des mises à la reproduction, vous disposez de 83 jours pour permettre aux premières vaches vêlées de récupérer et d’être prêtes pour leur première insémination. Les vaches vêlant plus tard disposent de moins de temps.
Cette course contre la montre pour obtenir des vaches gestantes se déroule au moment même où elles sont censées atteindre leur pic de production. Les animaux doivent donc être conduits correctement afin que ni la production ni la reproduction ne soient compromises.
Entre le début des vêlages et le début de la reproduction, quatre domaines peuvent être ciblés :
La note d’état corporel au vêlage influence la production laitière et la fertilité.
Si une vache vêle avec un point d’état corporel en dessous de l’objectif, elle commencera à cycler 8 à 10 jours plus tard et produira environ 15 kg de matière utile en moins sur la saison.
Mais faire vêler les vaches à la note cible de 5 ne signifie pas que le travail est terminé. Après le vêlage, les vaches perdent de l’état car l’ingestion reste en retard par rapport à la production laitière. Elles devraient revenir en bilan énergétique positif entre 42 et 56 jours post-vêlage, mais cela peut parfois prendre jusqu’à 10 semaines.
Une fois revenues en bilan énergétique positif, elles recommencent à reprendre de l’état. Ce retour dépend de l’offre alimentaire et des conditions météorologiques, d’où l’importance de surveiller la note d’état corporel tout au long de cette période.
Si une proportion importante du troupeau (plus de 15 %) vêle en dessous de la note cible, la mise en traite une fois par jour (OAD) pendant les trois premières semaines de vêlage permet de réduire le déficit énergétique et de limiter la perte d’état. Cela entraîne une baisse d’environ 1,5 % de la production annuelle de matière utile.
De la même manière, en cas de pénurie alimentaire ou de conditions météorologiques défavorables affectant l’ingestion énergétique, la traite en une fois par jour peut être utilisée pour limiter la perte d’état. Son impact sur la production est moindre lorsqu’elle est mise en place dès le début des vêlages et sur une période limitée (trois semaines), mais elle peut également être utilisée à l’approche de la mise à la reproduction si les compléments ne permettent pas de rétablir un bilan énergétique positif.
Les vaches devraient être notées au moins un mois avant le début de la reproduction afin de laisser le temps d’agir si nécessaire. Idéalement, elles devraient être légèrement en dessous de 4,5 à ce moment-là, mais le plus important est qu’elles soient en train de reprendre de l’état.
Un indicateur simple consiste à observer les « happy lines » : des lignes horizontales visibles sur le tiers médian à inférieur des côtes. Leur origine exacte fait débat, mais de nombreux éleveurs considèrent qu’une vache qui les présente est en bonne santé, correctement alimentée et en bilan énergétique positif.

Cette image montre un exemple de "Happy Lines"
Apporter une alimentation adaptée dès le vêlage contribue à maintenir l’état corporel et à favoriser la reprise de l’activité ovarienne.
La distribution alimentaire pendant la période de vêlage doit être suivie et gérée de près. Durant cette phase, l’ingestion augmente progressivement après le vêlage, ce qui signifie que les vaches ont des besoins en matière sèche différents selon leur stade de lactation. Cela rend l’alimentation du troupeau plus complexe.
Le tableau ci-dessous donne une indication du niveau d’ingestion nécessaire (kg de matière sèche par vache et par jour) à partir du début prévu des vêlages. Ces valeurs doivent être ajustées selon la taille des vaches, leur niveau de production et l’étalement des vêlages.
Semaine depuis le début prévu des vêlages | Kg MS/vache/jour |
|---|---|
1 | 12,5 |
2 | 13 |
4 | 14,5 |
6 | 15,5 |
8 | 16 |
10 | 17 |
12 | 17,6 |
14 | 17,8 |
(Tableau adapté du DairyNZ Spring Rotation Planner Guide, page 6)

Comprendre le statut minéral des vaches entre le post-vêlage et la mise à la reproduction permet de s’assurer que leurs performances ne sont pas pénalisées par des carences.
Le statut minéral dépend du type de sol, de l’alimentation distribuée et des conditions météorologiques. Des analyses sanguines réalisées en année « normale » permettent d’évaluer le niveau de complémentation nécessaire.
Si l’hiver ou le printemps sont plus humides ou plus secs que d’habitude, la disponibilité des minéraux peut être modifiée. Une nouvelle analyse permettra alors de détecter d’éventuels changements par rapport à une année standard.
Les événements tels que :
doivent être surveillés et enregistrés. Ces vaches présentent un risque plus élevé d’infection, sont plus sujettes à une perte d’état excessive et ont moins de chances de cycler avant le début de la reproduction.
Un contrôle avec un dispositif Metricheck™ entre 8 et 18 jours post-vêlage permet de détecter les endométrites. Une identification et un traitement précoces permettent aux vaches d’être propres au moment de la reprise de l’activité ovarienne.
Entre le vêlage et le début de la reproduction, il est important de maîtriser les mammites et les boiteries.
Les vaches boiteuses sont moins enclines à se déplacer, perdent plus facilement de l’état et voient leurs performances de reproduction se dégrader. Les mammites, via l’inflammation qu’elles provoquent, peuvent perturber l’équilibre hormonal et impacter la fertilité.
Le suivi du nombre de cas sur l’année permet d’identifier les causes possibles et de mettre en place des actions correctives ciblées.

Le suivi des chaleurs avant le début des inséminations est un bon indicateur de la récupération du troupeau après le vêlage.
Ce suivi doit être réalisé au minimum trois semaines avant le début de la reproduction. Si une intervention est prévue pour les vaches non cyclées, il doit commencer 32 jours avant la date prévue.
L’objectif est que 85 % du troupeau ou plus aient exprimé au moins une chaleur avant le début des inséminations. Atteindre cet objectif augmente les chances d’obtenir un taux de soumission à trois semaines proche de 90 %.
Le suivi des dates de ces chaleurs permet d’identifier rapidement les vaches qui ne reviennent pas en chaleur dans les trois semaines, ce qui peut constituer un indicateur précoce d’un problème nutritionnel ou sanitaire.

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