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Fertilité, longévité, vêlages groupés : les piliers économiques du pâturage saisonnier

Lamanda Thierry15 août 2026
Vêlage groupé en système herbager — fertilité et longévité des vaches laitières au pâturage saisonnier

Tout système herbager rentable repose sur une seule mécanique : faire coïncider la mise en lait du troupeau avec le pic de pousse de l'herbe, dans un calendrier saisonnier. Cela impose des vêlages groupés, qui imposent eux-mêmes une fertilité et une longévité que la sélection française a accumulé un retard de 30 ans à délivrer. L'Irlande (EBI de Teagasc) et la Nouvelle-Zélande (Breeding Worth, l'index national néo-zélandais) ont, eux, fait l'inverse — sur la même race Holstein-Friesian. Cet article met les chiffres sur la table, après l'article 1 sur la génétique pâturante et l'article 2 sur l'efficience alimentaire.

Pourquoi le vêlage groupé est l'épine dorsale économique du pâturage saisonnier

L'herbe ne pousse pas toute l'année. En France, la pousse explose en avril-mai puis ralentit, redémarre brièvement en septembre, puis s'arrête. C'est une ressource qui a un rythme — et toute l'économie du pâturage consiste à faire coïncider les besoins du troupeau avec cette pousse.

La meilleure façon d'y arriver, c'est de faire vêler le troupeau en bloc, sur 8 à 12 semaines, en sortie d'hiver. Toutes les vaches démarrent leur lactation au même moment, juste avant la pousse maximale. La courbe de besoin alimentaire monte avec la courbe d'herbe, le concentré reste minimal, le coût alimentaire s'effondre. À l'inverse, des vêlages étalés toute l'année obligent à supplémenter en permanence parce qu'à tout moment de l'année, une partie du troupeau est en pic de lactation alors que l'herbe n'est plus là. Le système n'est plus herbager — il est juste « avec un peu d'herbe ».

Une précision utile pour le contexte français : le bloc de fin d'hiver n'est pas la seule organisation possible. Il existe en France des troupeaux en vêlages groupés d'automne, notamment dans les zones AOP fromagères et là où la pousse d'automne est suffisante et régulière pour soutenir un début de lactation. La logique reste strictement la même — faire coïncider le pic de besoin du troupeau avec un pic de pousse — seul le calendrier change. Certains élevages pratiquent aussi un double bloc (printemps et automne) pour lisser la collecte. Ce qui compte n'est donc pas le mois de vêlage, mais le fait de vêler en bloc plutôt qu'en continu.

Le vêlage groupé n'est pas un choix esthétique. C'est le seul mécanisme connu qui rende un système herbager structurellement rentable. C'est pour cela que toute la Nouvelle-Zélande pâturante, toute l'Irlande pâturante et tout le mouvement herbager français (CIVAM, INRAE Mirecourt, AFPF) le mettent au cœur de leur approche.

Or vêler en bloc demande deux qualités cumulées de la vache : elle doit être pleine très tôt après le vêlage précédent (haute fertilité), et elle doit pouvoir tenir plusieurs cycles annuels d'affilée dans le troupeau (haute longévité). Sans ces deux qualités, le bloc se desserre génération après génération.

La chute silencieuse : comment la sélection a brisé la fertilité de la Holstein européenne

L'histoire est documentée — et un peu gênante. Depuis les années 1980, les schémas de sélection américains puis européens de la Holstein ont massivement privilégié le pic de production laitière. La fertilité, la santé, la robustesse étaient considérées comme des variables annexes, qu'on espérait corriger par la conduite. Trente ans plus tard, le résultat est sans appel.

En France, selon les bilans Idele du Système National d'Informations Génétiques (SNIG), la Prim'Holstein affiche en 2024 :

  • Un intervalle vêlage-vêlage moyen de 410 à 420 jours selon les sources (l'objectif d'un système herbager saisonnier est 365 jours)1.
  • Un taux de réussite à la première IA inférieur à 40 % chez les vaches multipares, stable à ce niveau depuis huit ans.
  • Trois lactations en moyenne à la réforme, avec une très forte variabilité : un quart des vaches ne dépassent pas la deuxième lactation, quand un autre quart en réalise au moins quatre2.
  • Un rajeunissement de l'âge à la réforme de 2 à 3 mois entre 2009 et 2018 sur les trois principales races — alors même que le progrès génétique sur la production a continué d'avancer.

À titre de repère, l'étude la plus récente sur le sujet (Idele, 3R 2024), qui a suivi 2,3 millions de vaches réformées entre 2010 et 2022, ne conclut pas à un effondrement récent mais à un niveau durablement bas : la durée cumulée de lactation n'a pratiquement pas bougé en treize ans (–4 jours)2. Le progrès génétique sur la production, lui, a bien été capté — +1 593 kg de lait sur la carrière sur la même période. Autrement dit, on a appris à faire produire davantage sans jamais réussir à faire durer. Et l'écart interindividuel est considérable : un quart des vaches ne dépassent pas la deuxième lactation, quand un autre quart en réalise au moins quatre. Le potentiel existe donc dans la population — il n'est simplement pas exploité.

Longévité des vaches laitières françaises 2010-2022 : durée cumulée de lactation stable — données Idele 3R 2024


La vache française produit en moyenne 9 931 kg de lait par lactation. Elle ne réalise, en moyenne, que 3 lactations avant sa réforme. Tous calculs faits, la vache française produit donc, sur sa carrière, à peine ce qu'une vache néo-zélandaise — sélectionnée pour la longévité et la fertilité — produit en 5 lactations sans bâtiment ni complémentation.

Les chiffres-vérité : France, Irlande, Nouvelle-Zélande

Trois pays, trois objectifs de sélection, trois résultats. Le tableau ci-dessous met côte à côte les indicateurs de fertilité, de longévité et de pression de sélection.

Indicateur

Prim'Holstein France

Holstein-Friesian Irlande (EBI)

Cheptel NZ (LIC, BW)

Intervalle vêlage-vêlage (jours)

410 à 420 (selon les sources, 2024)

≈ 365 (objectif Teagasc tenu sur troupeaux EBI élevé)

≈ 365-370 (vêlages groupés 8-12 sem)

Réussite 1ère IA (vaches)

< 40 % (stable depuis 8 ans)

≈ 55-60 % (vaches EBI élite)

> 50 % (cheptel moyen NZ)

Nombre moyen de lactations

≈ 3 à la réforme (un quart sous 2 lactations)

Vaches EBI élite : 43 % moins de réformes avant la 5ème lactation

≈ 5

Durée de vie productive (ans)

≈ 3,2 (durée de vie 5,7 – âge au 1er vêlage 2,5)

Supérieure à la moyenne FR (effet EBI)

≈ 5

Objectif index sélection

ISU pondéré, fertilité secondaire

EBI : 2/3 MU + fertilité/survie ; 1/3 reste

BW : MU/kg PV + fertilité + santé + force

Pression sélection sur fertilité

Récente et insuffisante

Forte depuis 2001

Indirecte mais structurelle depuis > 50 ans (filtre saisonnier)

Intervalle vêlage-vêlage 2024 — comparaison France, Irlande (EBI Teagasc), Nouvelle-Zélande (BW LIC)


Lecture du tableau : la Prim'Holstein française se situe systématiquement en retrait sur la fertilité et la longévité, deux critères qui n'ont pas été prioritaires dans son schéma de sélection ; l'Irlande, sur la même race (Holstein-Friesian), a réussi à inverser la courbe en 20 ans grâce à un index repensé (l'EBI) ; la NZ a obtenu un résultat équivalent par un autre moyen, le filtre saisonnier. Les deux pays démontrent que le problème français n'est pas une fatalité génétique de la race Holstein — c'est un défaut d'objectif de sélection.

La voie irlandaise : l'EBI et son obsession de la fertilité

L'Irlande est, parmi les grands pays laitiers européens, celui qui a fait le pivot le plus rapide. En 2001, Teagasc (l'INRAE irlandais) crée l'Economic Breeding Index (EBI) et le déploie comme outil officiel de sélection des taureaux d'IA. La pondération est radicalement différente de l'ISU français : deux tiers de l'EBI sont alloués à la production de matière utile et à la fertilité-survie, et seulement un tiers au reste (vêlage, maintenance, santé, traits gestion)3.

L'effet a été spectaculaire. Selon les travaux Teagasc, les vaches à fort EBI fertilité reprennent en moyenne 4 semaines plus vite après vêlage, expriment 20 % de chaleurs silencieuses en moins, perdent moins d'état corporel entre vêlage et IA, et présentent une survie à la 5ème lactation supérieure de 43 % à la moyenne nationale4. Sans rien changer à la race — c'est la même Holstein-Friesian qu'en France — mais en changeant l'objectif de sélection.

Une part importante des taureaux les mieux classés à l'EBI porte de la génétique néo-zélandaise dans son pedigree. Les traits de fertilité qui ont permis à l'Irlande de redresser sa moyenne nationale ne sont pas apparus spontanément dans la population irlandaise — ils ont été introduits, en partie, par du sang sélectionné en système pâturant saisonnier. Autrement dit, la réussite irlandaise et la génétique néo-zélandaise ne sont pas deux voies concurrentes : la première s'est appuyée sur la seconde.

Conséquence économique : l'Irlande a pu doubler son cheptel laitier après la fin des quotas en 2015 sans casser ses systèmes herbagers, parce qu'elle disposait d'une génétique capable de vêler en bloc et de tenir la longueur. C'est ce qu'un éleveur français doit retenir : il n'y a rien d'irréversible dans la situation française. Mais il y a des choix de sélection à faire, et ces choix se font race par race, taureau par taureau, au moment du plan d'accouplement.

La voie néo-zélandaise : le BW et le filtre saisonnier

La Nouvelle-Zélande a pris une route plus radicale encore — non par choix idéologique, mais par contrainte économique. Sans subvention agricole depuis 1986, avec un prix du lait parmi les plus bas du monde, les éleveurs n'avaient pas le luxe d'attendre qu'un index académique sauve leur fertilité. Ils ont laissé le système faire le tri.

Concrètement : en NZ, les vêlages sont concentrés sur une fenêtre de 8 à 12 semaines en sortie d'hiver. Si une vache n'est pas pleine au bout de cette fenêtre, elle ne pourra pas vêler dans le bon créneau l'année suivante. Elle est réformée, sans état d'âme. Au bout de 50 ans de ce filtre appliqué à des centaines de milliers de vaches chaque année, la population restante est mécaniquement sélectionnée sur la fertilité.

À cette sélection naturelle s'ajoute un index officiel, le Breeding Worth (BW). Il a été créé par l'industrie laitière néo-zélandaise et il est aujourd'hui géré par NZAEL (New Zealand Animal Evaluation Ltd, filiale de DairyNZ), qui en assure l'évaluation nationale pour l'ensemble des entreprises de génétique du pays — LIC en étant un utilisateur majeur, pas le propriétaire. Le BW combine production de matière utile par kg de poids vif, fertilité, santé et force. Le résultat publié par les NZ Dairy Statistics 2024-255 est sans équivoque : intervalle vêlage-vêlage proche de 365-370 jours sur l'ensemble du cheptel national (4,68 millions de vaches), plus de 50 % de réussite à la 1ère IA, et une longévité moyenne autour de 5 lactations.

Peut-on remettre du vêlage groupé sur un troupeau de race européenne existant ?

C'est la question pratique que se posent la plupart des éleveurs français qui envisagent une bascule. La réponse est oui — mais en plusieurs générations, et à condition d'introduire de la génétique sélectionnée pour cela.

Trois leviers se combinent :

  • Court terme (1-2 ans) — conduite : raccourcir la saison d'IA, regrouper les vêlages en éliminant les retardataires, suivre attentivement la note d'état corporel post-vêlage. Cela améliore mécaniquement le bloc mais ne corrige pas la génétique sous-jacente.
  • Moyen terme (2-4 ans) — introduction de génétique pâturante : remplacer les taureaux d'IA classiques par de la génétique néo-zélandaise LIC. Deux leviers, à doser selon le point de départ du troupeau : le Jersey NZ, nettement plus léger, corrige le gabarit beaucoup plus vite et s'impose donc sur les premiers croisements quand le troupeau est lourd ; la Holstein-Friesian NZ préserve le volume et prend le relais une fois le format ramené dans la cible. Les premières filles donnent un signal au bout de 24 mois ; la fertilité du troupeau remonte significativement en 2 à 3 générations.
  • Long terme (4-6 ans) — option croisement : introduire de la KiwiCross® à composante HF dominante pour capter l'hétérosis Jersey × HF (+25 kg MU, –7,5 j IVV, +3,5 % survie par cycle F1 selon Teagasc)6. L'objectif n'est pas de basculer en troupeau néo-zélandais — c'est d'introduire des traits qui manquent au génome Holstein FR.

Aucun de ces trois leviers ne donne de résultat avant 24 mois. C'est la nature même de la génétique : on décide deux ans à l'avance, on récolte au mieux trois ans plus tard. D'où l'importance de ne pas attendre l'année où la situation devient intenable pour commencer.

Pourquoi la Holstein-Friesian NZ reste, à terme, le choix prioritaire pour la France

Sur la stricte question de la fertilité et de la longévité, la Jersey NZ et la HF NZ sont au coude-à-coude. Toutes deux ont été sélectionnées dans le même système saisonnier LIC depuis cent ans. Toutes deux affichent les mêmes intervalles vêlage-vêlage et la même longévité moyenne.

Mais comme on l'a montré dans l'article 2, le contexte français impose une contrainte supplémentaire : l'éleveur français est payé sur le volume + plus-values teneurs, pas seulement sur la matière sèche comme en NZ. Sur la fertilité comme sur le reste, la HF NZ apporte la même réponse que la Jersey NZ, mais avec 25 % de volume en plus. C'est pour cela qu'elle s'impose comme le pivot logique pour la France, complétée par la KiwiCross® à composante HF dominante pour les éleveurs qui veulent capter l'hétérosis. Cette voie est celle déjà empruntée par Teagasc : la Holstein-Friesian est mobilisée massivement dans le schéma EBI, l'hétérosis Jersey est utilisé tactiquement, sans bascule en Jersey pure.

Une nuance s'impose toutefois sur la trajectoire, à ne pas confondre avec la cible. Le troupeau de départ est composé de races européennes de 650 à 700 kg. Croiser ces vaches avec de la HF NZ (500-550 kg) ne fait descendre le format que lentement : la fille reste autour de 600-625 kg, encore loin de la fourchette pâturante. Les taureaux Jersey néo-zélandais, nettement plus légers, corrigent le gabarit bien plus rapidement — et c'est souvent ce qu'il faut faire en premier, car un troupeau trop lourd au pâturage cumule des besoins d'entretien élevés sans capacité d'ingestion supplémentaire pour les financer. La HF NZ reprend ensuite toute sa place, une fois le format ramené dans la cible, pour restaurer le volume que valorise la grille française.

À retenir — les 4 idées de cet article

Sans vêlage groupé, pas de système herbager rentable. Sans fertilité et longévité, pas de vêlage groupable. Les deux sont indissociables.

La Holstein française a aujourd'hui un intervalle vêlage-vêlage de 410 à 420 jours selon les sources, moins de 40 % de réussite à la 1ère IA, et 3 lactations en moyenne à la réforme — un quart des vaches ne dépassant pas la deuxième. C'est le résultat de 40 ans de sélection sur le pic de production.

L'Irlande (Teagasc / EBI) et la Nouvelle-Zélande (LIC / BW) ont démontré que ce n'est pas une fatalité de la race Holstein-Friesian : c'est un défaut d'objectif de sélection. Les deux pays affichent une fertilité et une longévité largement supérieures avec la même race.

Pour un éleveur français, la HF NZ est la voie prioritaire (cohérente avec le contexte de paiement français), complétée par la KiwiCross® à composante HF dominante pour capter l'hétérosis. La Jersey NZ pure reste un choix de niche.

Vers l'article 4 : croiser ou rester en race pure ?

Nous avons vu dans ces trois premiers articles que la génétique conditionne la conversion au pâturage (article 1), que cinq traits techniques distinguent une vache pâturante (article 2), et que la fertilité-longévité conditionne le vêlage groupé qui conditionne lui-même la rentabilité (article 3).

Dans le quatrième article, nous regardons la question la plus controversée : faut-il croiser ou rester en race pure ? Et surtout, tous les croisements se valent-ils ? Nous confrontons la KiwiCross® (HF NZ × Jersey NZ) au ProCROSS, au croisement Jersey-Frison européen « bricolé maison » et à la Holstein pure améliorée. Avec un détour par une confusion qui pollue le débat français : ce qu'est, et ce que n'est PAS, une vraie KiwiCross®.

Questions fréquentes

Pourquoi le vêlage groupé est-il indispensable en système herbager ?

Parce que l'herbe ne pousse pas toute l'année. Pour valoriser pleinement la ressource gratuite et maximale qu'est la pousse de printemps, le troupeau doit être en pic de lactation à ce moment-là. Cela impose de faire vêler toutes les vaches sur une fenêtre de 8 à 12 semaines en sortie d'hiver. À défaut, une partie du troupeau est en pic de lactation quand l'herbe manque — et le système doit complémenter en continu, ce qui annule l'avantage économique du pâturage.

Quel est l'intervalle vêlage-vêlage idéal au pâturage ?

Environ 365 jours, soit un vêlage par an et par vache. C'est ce que tiennent les cheptels néo-zélandais (365-370 jours en moyenne) et les troupeaux irlandais pâturants. La Prim'Holstein française se situe en 2024 entre 410 et 420 jours d'intervalle vêlage-vêlage selon les sources (Idele, Prim'Holstein France), soit 45 à 55 jours de décalage — incompatible avec un vêlage groupé en pratique.

L'EBI irlandais est-il un index applicable en France ?

Pas directement, parce que l'EBI utilise des valeurs économiques calibrées sur le marché irlandais. Mais sa logique — placer 2/3 du poids de sélection sur la matière utile et la fertilité-survie, 1/3 sur le reste — est transposable à la France. C'est cette logique, plus que l'index lui-même, qui a transformé l'industrie laitière irlandaise en 15 ans : la même race Holstein-Friesian sélectionnée différemment a livré des résultats radicalement différents. En pratique, rien n'empêche un éleveur français de consulter directement l'EBI d'un taureau pour s'en servir comme repère — à une condition : vérifier le coefficient de détermination (%Rel) et ne retenir l'index qu'au-delà de 80 %. En dessous de ce seuil, l'évaluation repose sur trop peu d'information pour être fiable et ne vaut qu'à titre indicatif.

Peut-on remettre du vêlage groupé sur un troupeau de race européenne existant ?

Oui, mais en plusieurs générations. Trois leviers se combinent : à court terme la conduite (raccourcir la saison d'IA, suivre la note d'état corporel), à moyen terme l'introduction de génétique pâturante (Jersey NZ pour corriger vite le gabarit sur un troupeau lourd, Holstein-Friesian NZ pour le volume, puis KiwiCross®), à long terme le croisement organisé. Le troupeau atteint son régime de croisière entre 4 et 6 ans après le démarrage de la transition génétique.

Sources et références

  • 1. Institut de l'Élevage (Idele) — Bilan SNIG, fertilité des principales races laitières (IVV Prim'Holstein 410 à 420 jours en 2024 selon les jeux de données ; Prim'Holstein France publie 410 jours, en recul de 20 jours en 10 ans) : Fertilité des vaches laitières et Bilan des inséminations animales bovines 2024.
  • 2. Idele / 3R 2024 — Quelle longévité des vaches laitières françaises ? Etat des lieux et perspectives — JURQUET J. et al., Renc. Rech. Ruminants 2024, 27, 185-186 — 2 325 535 vaches réformées entre 2010 et 2022 dans 12 933 élevages : durée cumulée de lactation stable (–4 j), durée de vie médiane –60 j, production sur carrière +1 593 kg, 3 lactations en moyenne à la réforme.
  • 3. Teagasc — Understanding the Economic Breeding Index (EBI) (pondération 2/3 MU + fertilité-survie / 1/3 reste).
  • 4. Teagasc — Cow fertility: It's not just luck (vaches EBI élite : –4 semaines de reprise post-vêlage, –20 % chaleurs silencieuses, +43 % de survie à la 5ème lactation).
  • 5. DairyNZ + LIC — New Zealand Dairy Statistics 2024-25 (IVV ≈ 365-370 j, > 50 % de réussite 1ère IA, longévité moyenne ≈ 5 lactations).
  • 6. Teagasc — Recherches sur le croisement Jersey × Holstein, hétérosis F1 : +25 kg MU, –7,5 j IVV, +3,5 % survie, valeur économique +€472/vache sur carrière. Voir : Sustainable breeding — what are the options?.
  • Pour aller plus loin : LIC — Pourquoi la génétique LIC (longévité 5,5 lactations en NZ) • Réussir Lait — Longévité des vaches laitières, 10 indicateurs
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Dans cet article

  • Pourquoi le vêlage groupé est l'épine dorsale économique du pâturage saisonnier
  • La chute silencieuse : comment la sélection a brisé la fertilité de la Holstein européenne
  • Les chiffres-vérité : France, Irlande, Nouvelle-Zélande
  • La voie irlandaise : l'EBI et son obsession de la fertilité
  • La voie néo-zélandaise : le BW et le filtre saisonnier
  • Peut-on remettre du vêlage groupé sur un troupeau de race européenne existant ?
  • Pourquoi la Holstein-Friesian NZ reste, à terme, le choix prioritaire pour la France
  • Vers l'article 4 : croiser ou rester en race pure ?
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