Comment comparer des index bovins français et néo-zélandais

Un index bovin français et un index néo-zélandais ne se comparent pas chiffre contre chiffre : en France, le zéro est la moyenne de chaque race ; en Nouvelle-Zélande, c'est une vache de base commune à toutes les races. En Nouvelle-Zélande, l'éleveur est payé à la matière utile (MU : matière grasse + protéines), et le volume de lait est pénalisé. En France, le prix se calcule sur le volume de lait, auquel on ajoute ou retire les primes et pénalités de qualité. Les objectifs de sélection ne sont donc pas les mêmes, et les index non plus.
Pour comparer un index néo-zélandais et un index français, il faut d'abord savoir à quoi correspond le zéro de chacun.
Comment fonctionne un index ?
La définition officielle d’un index selon l’IDELE est la suivante : « L’index d’un animal est une estimation de sa valeur génétique. Elle est exprimée en écart positif (favorable) ou négatif (défavorable) par rapport à la valeur génétique d’un groupe d’animaux défini. Ce groupe est appelé la « base ». »
Cette base est en réalité un groupe d’individus présentant des résultats moyens servant de référence. Ainsi, ces références représentent le 0 de l’index. Ce 0 sert de base pour établir l’indexation d’un animal selon ses écarts positifs ou négatifs par rapport à cette base.
Tout dépend donc de la base retenue, et c'est là que la France et la Nouvelle-Zélande diffèrent.
En France : un zéro par race
En France, chaque race a sa propre base : le zéro d'un index Holstein correspond à la moyenne des vaches Holstein de la base, le zéro d'un index Normande à la moyenne des Normandes, et ainsi de suite. Un taureau Holstein et un taureau Normand affichant le même index ne donnent donc pas des filles équivalentes : chacun est comparé à sa propre race. C'est pourquoi, en France, on ne compare pas les index de taureaux de races différentes.
En Nouvelle-Zélande : une vache de base commune à toutes les races
En Nouvelle-Zélande, tous les animaux (Holstein-Friesian néo-zélandaise, Jersey néo-zélandaise, croisés) sont indexés par rapport à une même vache de base, commune à toutes les races. Depuis la mise à jour de 2025, cette base est constituée des vaches nées en 2015, et le BW (Breeding Worth, l'index économique néo-zélandais, exprimé en dollars néo-zélandais de profit net par 5 tonnes de matière sèche ingérée) des animaux a alors baissé d'environ 185 $ en moyenne. Conséquence pratique : un taureau Jersey NZ et un taureau Holstein-Friesian NZ se comparent directement sur leur BW et sur leurs index de caractères. Le détail de cette mise à jour est expliqué dans le changement de vache de base néo-zélandaise de 2025.
Autrement dit, un index français se lit à l'intérieur de sa race, un index néo-zélandais se lit entre toutes les races. Pour comparer les deux, il faut donc savoir ce que représente chacun de ces zéros en performances réelles.
Que valent les bases zéro des troupeaux néo-zélandais et français ?
Pour donner un ordre de grandeur, nous avons comparé les résultats moyens d'une vache Holstein française et ceux d'une vache néo-zélandaise moyenne, toutes races confondues puisque la base néo-zélandaise est commune. Chaque système a ses objectifs, et la méthode de paiement du lait en est la preuve.
La quantité de lait de la Holstein est bien supérieure à la vache néo-zélandaise moyenne (9 931 kg contre 4 492 L en moyenne en 2024-25), mais cela n’est pas une grande surprise. En revanche, c’est la quantité de matière utile supérieure chez la Holstein qui peut paraître plus étonnante (734 kg par vache contre 414 kg). Ce chiffre est cependant à relativiser selon deux critères.
Si l'on ramène la quantité de matière utile au kilo de lait produit, la tendance s'inverse : 73,9 g/kg pour la Holstein contre environ 92 g/L pour la vache néo-zélandaise. Ensuite, pour atteindre son niveau de production, la Holstein demande une complémentation alimentaire importante, alors que la vache néo-zélandaise est sélectionnée pour produire à partir de l'herbe pâturée. Sur une ration à base d'herbe, son comportement actif au pâturage, son efficacité alimentaire et sa capacité à transformer l'herbe en matière utile lui donnent l'avantage. Enfin, son intervalle vêlage-vêlage (IVV) est plus court d'environ 40 à 45 jours (365 à 370 jours contre 410 jours).
Les vêlages sont donc plus faciles à grouper, ce qui est la condition d'un système pâturant saisonnier. Ce lien entre fertilité et rentabilité est développé dans intervalle vêlage-vêlage, fertilité et longévité en système pâturant.
Le tableau ci-dessous compare la Prim'Holstein française moyenne, la vache de base néo-zélandaise, qui sert de zéro aux index NZ, et la vache néo-zélandaise moyenne d'aujourd'hui :
Prim'Holstein France (moyenne 2024) | Vache de base NZ (zéro des index) | Moyenne du cheptel NZ 2024-25 | |
|---|---|---|---|
Lait par vache | 9 931 kg | 5 109 L | 4 492 L |
Matière grasse | 408 kg | 238 kg | 234 kg |
Matière protéique | 326 kg | 203 kg | 181 kg |
Matière utile | 734 kg | 441 kg | 414 kg |
Matière utile par kg ou litre de lait | 73,9 g/kg | 86 g/L | 92 g/L |
Intervalle vêlage-vêlage | 410 jours | — | 365 à 370 jours |
Sources : Idele et Prim'Holstein France, résultats du contrôle laitier 2024 ; DairyNZ, vache de base (vaches nées en 2015, mise à jour 2025) ; DairyNZ et LIC, New Zealand Dairy Statistics 2024-25.
Comment comparer un index français et un index néo-zélandais
Vous pouvez désormais vous faire une idée des résultats de chaque race pour comparer les tables d’indexation entre les races françaises et les races néo-zélandaises. Mais attention, tout doit être relativisé tellement les systèmes d’indexation sont à la fois complets, complexes et différents selon les pays, les organismes et les races. Le plus simple reste de contacter votre technicien Progenes qui répondra à toutes vos interrogations.
Pour lire concrètement les index d'un taureau néo-zélandais, voyez comment lire une fiche taureau LIC, index par index et la définition de l'index Breeding Worth. Les taureaux Holstein-Friesian et Jersey néo-zélandais du catalogue Génétique pâturante sont présentés avec leurs index sur la base 2025.
Pour aller plus loin sur le BW, la vache de base et la lecture des index néo-zélandais, nous avons réuni l'essentiel dans un livre blanc :
Questions fréquentes : index bovins français et néo-zélandais
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