Bilan de fin de saison : identifiez vos marges de progrès

Par Sean Chubb, Business development consultant LIC Europe
Un bilan de fin de saison en élevage pâturant porte sur trois domaines : la croissance de l’herbe, mesurée à l’herbomètre, la performance du troupeau (vaches les plus rentables, génisses, reproduction) et la performance économique, lue sur au moins quatre exercices comptables. Il sert à repérer ce qu’il faut améliorer pour la saison suivante.
À la fin de la saison de pâturage, c’est le moment idéal pour faire le point sur les performances techniques et économiques de votre exploitation.
Comparer les résultats de l’année écoulée à vos objectifs ou à des références de filière permet d’identifier les axes d’amélioration pour la saison suivante.
Bilan de fin de saison : par où commencer ?
Si vous réalisez ce type de bilan pour la première fois, concentrez-vous sur des indicateurs simples et facilement accessibles, mais qui ont un fort impact sur la rentabilité. Trois domaines sont à privilégier :
- la croissance de l’herbe,
- la performance du troupeau,
- la performance économique.
Pour les éleveurs qui pratiquent déjà un suivi régulier, il est possible d’aller plus loin dans l’analyse, par exemple en détaillant les postes de santé animale afin d’identifier des points où une approche plus préventive serait préférable à une intervention curative.
Pour décider s'il faut traiter les génisses de première saison contre les strongles, voir l'article de Supervet sur le dosage du pepsinogène en fin de pâturage.
1. Croissance de l’herbe : mesurer pour comprendre
L'herbomètre reste l’outil de référence pour mesurer la pousse de l’herbe et suivre son évolution. Enregistrer ces mesures dans un logiciel comme Grassland Tools et Agrinet (outils conçus pour les élevages herbagers irlandais) ou l'App PâtureVision permet d’obtenir des données fiables à analyser.
Pour que les résultats soient représentatifs et comparables d’une année sur l’autre, il est recommandé de mesurer chaque paddock au moins 35 fois par an.
Ces informations permettent de repérer :
- les tendances de croissance saisonnières,
- la fertilité des paddocks,
- les zones compactées ou fatiguées,
- le taux d’utilisation des pâtures,
- et le chargement optimal pour votre système.
Afin d'approfondir l'analyse, n'hésitez pas à faire intervenir votre conseiller en pâturage.
2. Performance du troupeau : repérer les “vaches silencieuses”
Pour améliorer les performances du troupeau, il faut d’abord identifier les meilleures vaches productives et fertiles — souvent appelées “vaches silencieuses”.
Il s’agit des 25 à 30 % supérieures du troupeau : elles produisent bien, sont fécondées tôt, en peu d’inséminations, et ne présentent presque aucun problème de santé sur l’année.
En classant les vaches selon leur revenu individuel (kilos de matière utile, soit matière grasse + matière protéique, multipliés par le prix payé), on repère facilement les vaches les plus rentables. Cela permet :
- d’orienter la reproduction vers les meilleures femelles,
- de comparer les génisses au reste du troupeau.
Pour accoupler ces meilleures femelles, voir les taureaux Holstein-Friesian et Jersey néo-zélandais du catalogue Génétique pâturante.
Une génisse bien conduite devrait produire au moins 85 % de la moyenne des vaches adultes (troisième lactation et plus). Si ce seuil n’est pas atteint, les causes probables sont :
- un élevage de génisses insuffisant,
- une alimentation de transition mal adaptée,
- une compétition excessive lors de la distribution d’aliments complémentaires,
- ou une sélection de mères à faible performance.
Les indicateurs clés à suivre en reproduction sont :
- le taux de mises à la reproduction en 3 semaines (objectif : 90 % des vaches),
- le taux de gestation à 6 semaines (objectif : 78 %),
- le taux de vaches vides,
- et le taux de conception.
Pour atteindre ces objectifs, voir les clés de la fertilité en vêlages groupés.
3. Performance économique : lire les chiffres dans la durée
Le plus simple est de s’appuyer sur vos comptes d’exploitation. Une seule année n’est pas suffisante : il faut au moins quatre exercices pour lisser les variations saisonnières et dégager de vraies tendances.
Les postes prioritaires à examiner sont :
- le chiffre d’affaires,
- les charges alimentaires,
- les engrais,
- la santé animale,
- les coûts de mécanisation ou de prestataires,
- et le résultat net.
Exprimer ces postes en pourcentage du revenu en plus de leur valeur brute permet d’affiner l’analyse. Par exemple, une baisse des coûts d’alimentation en euros peut masquer une hausse relative si elle représente une part plus importante du revenu total.
Pour situer vos résultats par rapport aux références publiées, voir l’économie du système herbager à partir de 30 ans de données.
Pour vous aider à faire ce bilan, une fiche de fin de saison (santé physique et santé animale du troupeau) est disponible gratuitement, au format Excel pour la remplir ou au format PDF pour l’imprimer :



